13 mars2015

Femme à l’honneur cette semaine: Fabrizia GALVAGNO



portrais patrizia
  • Faites une brève présentation de vous

Je suis Fabrizia GALVAGNO, journaliste de formation, activiste média et formatrice dans le domaine de la communication pour le développement et le changement. Je suis un entrepreneur social, c’est à dire que je développe mes propres projets de façon indépendante et le produit de mon travail on le mesure plus en fonction du changement social positif que de revenus.

Après ma maîtrise en journalisme et métiers de la communication en Italie, j’ai commencé ma carrière comme productrice de films documentaires en Europe et aux Etas Unis, où j’ai vécu de 2005 à 2010. J’ai produit des films pour la télé et le cinéma pendant 10 ans et depuis 3 ans je travaille en Afrique de l’Ouest où je produis et diffuse des émissions de radio pour le changement social. Je travaille avec les associations et les organisations locales dans l’engagement des couches vulnérables (les personnes vivant avec un handicap, les femmes pauvres, les personnes atteintes du SIDA et les victimes de violence…) pour la production de l’information.

Je travaille surtout avec les radios communautaires qui sont des médias de proximité. Elles jouent un rôle très important dans le changement des comportements car, elles peuvent véhiculer des messages positifs et changer les mentalités des individus.

  • Présentez votre structure et vos activités

Je suis la fondatrice et manager du projet DOCUSOUND (www.docusound.org) : un programme de formation en radio-journalisme accessible aux personnes vivant avec un handicap au Sénégal et au Kenya. Après une formation d’un an, les participants ont produit des documentaires radio qui ont été diffusés sur internet (www.senegal.docusound.org et www.kenya.docusound.org) et sur les radios communautaires.

En ce moment je travaille sur le développement du projet « La Radio pour le changement social » : un programme de production et diffusion des émissions produites par les radios communautaires et les associations dans le but de sensibiliser le public sur la santé, l’environnement, l’éducation, la bonne gouvernance et l’inclusion sociale.

Mon objectif est d’établir une collaboration durable entre les médias et les associations afin que les médias diffusent des histoires positives qui accélèrent la transition vers une société plus équitable et inclusive.

  • Comment avez-vous entendu parler de Jokkolabs et que pouvez-vous dire de cette expérience en tant que membre ?
  • J’ai entendu parler de Jokkolabs par des amis et je suis allée sur le site www.Jokkolabs.net pour me renseigner.

En tant que membre, j’aime beaucoup l’atmosphère de Jokkolabs: l’ambiance est décontracté mais en même temps professionnel. Pour le moment je ne connais pas tous les membres mais ça va venir. Les petits déjeuners et les évènements sont très utiles pour faire des connaissances et participer à vie de la communauté.

  • Qu’est-ce qui vous a motivé en tant que femme à devenir entrepreneur?

 

Je suis une personne très indépendante. J’ai toujours eu du mal à m’adapter et à travailler pour les autres.

J’ai toujours eu une façon de voir les choses différemment et de les réaliser. J’aime le fait que, en tant que entrepreneurs nous prenions des risques, nous ayons beaucoup de responsabilités mais aussi la liberté de faire des erreurs et de réviser nos stratégies. Je suis ravie de pouvoir dire que si le monde est meilleur aujourd’hui, c’est un peu grâce à nos efforts !

Le fait d’être une femme n’a pas joué un rôle dans ma décision de devenir entrepreneur. Je pense plutôt que cela joue un rôle dans la façon d’entreprendre : je trouve qu’en général, les femmes prennent plus de risques et sont les plus disposées à travailler en équipe. Elles savent se débrouiller toutes seules quand il faut. C’est peut-être pour cette raison que les petites entreprises sont le plus souvent gérées par elles.

 

 

  • Quels sont les difficultés rencontrées en tant que femme entrepreneur ?

 

Personnellement je dirai que mon statut de femme a plutôt été bénéfique pour moi. En Afrique comme en Europe très souvent les femmes entrepreneurs sont critiquées car elles travaillent en dehors de la maison toute la journée et on se demande comment elles peuvent s’occuper en même temps de leur famille.

On demande aux femmes de travailler doublement puisque la société, surtout sénégalaise en particulier, a encore du mal à intégrer la parité.

Comme toutes les femmes entrepreneurs, je travaille pour une société où les femmes et les hommes auront les mêmes responsabilités dans la société.

 

  • quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes entrepreneurs?

 

C’est toujours compliqué de donner des conseils car ce qui est bien pour moi ne l’est pas forcément pour d’autres. De mon expérience d’entrepreneur du changement les conseils que je peux donner aux jeunes entrepreneurs sont:

  • De croire en eux, c’est le seul moyen de convaincre les autres (vos partenaires, vos employés, vos clients…). Croire en soi ne veut pas dire qu’on ne doute jamais, au contraire, cela veut dire examiner ses doutes, les surmonter et gagner la confiance en soi.
  • être curieux, écouter les autres, regarder autour de vous : l’inspiration arrive quand on ne l’attend pas et il faut savoir la saisir.
  • foncer toujours sans jamais baisser les bras (mais oui, c’est normal de se décourager de temps en temps !)
  • prendre des pauses : aller à la plage, au cinéma, partir en vacances sans téléphone et sans ordinateur. Vous verrez ce que ça donne !
  • Aimer ce que vous faites, même si ce n’est pas la fête tous les jours (en fait ça peut être très embêtant parfois). Le jour où vous n’aimez plus votre boulot, arrêtez-vous et passez à autre chose.